Une pierre tombale pourquoi et comment

Une pierre tombale : Pourquoi et comment ?

Je me permets de vous livrer mon expérience, après plusieurs années de pratique et de recherches liées à mon métier et à ses domaines apparentés. Cette expérience, je viens vous la faire partager dans le but de vous aider dans vos choix. Je souhaite très sincèrement que vous pourrez en prélever de ci de là des termes ou réflexions qui pourront vous éclairer.

Une pierre tombale pourquoi ?

Nous voulons par ce moyen marquer un endroit, l’endroit où Il, ou Elle, repose.
Cela paraît évident, et pourtant ….
Que nous nous rendions ou non souvent sur la tombe, nous savons que nous pouvons nous y rendre pour communier avec Lui ou avec Elle, Lui parler, penser, prier, ….
Mais aussi, nous voulons que d’autres sachent quelle est la personne qui repose en cet endroit.
Les enfants, les amis, les passants….

Au fil des différents contacts que j’ai pu avoir avec « ceux qui restent », au fil de ce que j’ai pu observer, entendre et ressentir, je me suis interrogée sur les motivations, les besoins des familles. J’ai écouté, reçu des témoignages, beaucoup de témoignages, oralement ou par écrit.  

Je vous propose de partager trois de ces témoignages avec vous.
Peut-être pourront-ils vous aider.

« Pour ma part, je ne ressentais pas le besoin de mettre une pierre tombale. Il était parti, ça ne changeait plus rien. Ma femme m’a fait part un jour du besoin de « faire quelque chose ». A partir de ce moment, l’idée est devenue importante pour moi aussi. ….  La première fois que nous vous avons rencontré, il y a quelque chose qui a pu se déposer en nous. Nous sommes repartis sereins. Ensuite, le travail de préparation de la pierre nous a permis d’aborder plus librement tout ce qui touchait à ce départ… »

« La pierre est le lien et certainement la pierre tombale entre ceux qui restent et ceux qui partent. Un monument témoigne de l’amour que nous portons aux gens. Vous nous permettez de témoigner de cet Amour, et pour « les vivants du ciel » ils peuvent aussi se poser et reposer sur cet amour témoignage. Merci de votre présence et de votre lien entre les 2 mondes existants ».

J’ai aussi été très marquée par le témoignage d’une femme qui vivait un deuil particulièrement douloureux, ne souhaitait pas se rendre au cimetière, ni vraiment faire placer de pierre tombale si ce n’est pas pur sentiment d’obligation. Ensemble, nous avons réfléchi et trouvé ce qui pouvait donner du sens à ce geste qu’elle souhaitait malgré tout poser. Voici ce qu’elle écrit ensuite :

« Je me suis rendue une 2e fois à … et, croyez-moi, j’ai été surprise par la beauté de la réalisation du projet. Je vous remercie sincèrement et de tout cœur de m’avoir ainsi aidée et conseillée. Je pense que j’irai régulièrement m’y recueillir, du moins c’est ce que je ressens actuellement. … »

Une pierre tombale comment ?

Certains  viendront à ce choix en ayant une idée plus ou moins précise de ce qu’ils souhaitent, mais je peux constater que le plus souvent, les familles se trouvent démunies, en terrain inconnu, en proie à leurs émotions et éprouvent des difficultés à définir leurs attentes.

Au fil de la discussion que nous aurons, certains vont évoquer une ou plusieurs idées importantes - un symbole, une couleur, un trait de personnalité – qu’ils souhaitent exprimer,
Mais comment ?
Dans d’autres cas, c’est face à une image ou une photo, que se produit le choix, comme une sorte d’évidence. « C’est ça ! ».

Le point de départ est trouvé. Ensemble, nous allons alors « aménager », « ciseler ».
Ce peut être pratiquement immédiat, ou cela peut prendre du temps, beaucoup de temps.
Chacun à son rythme.
Chacun selon la façon dont il vit son deuil.

Au cours de cette élaboration, je peux souvent observer la notion du geste que l’on pose,
à travers chaque détail que l’on va mettre au point, au travers de la réflexion sur l’épitaphe pour traduire en quelques mots tout ce que l’on voudrait dire. 

Au long de ce cheminement, les personnes les plus « conscientes » vont « sentir » le travail qui se fait en eux.

Enfin, vient le moment de la « rencontre»,  le moment où la famille va découvrir le monument.
Plusieurs m’ont fait part de leur sentiment à ce moment. Je crois pouvoir dire sans trahir aucun, que tous parlaient de « quelque chose » qui a à voir avec l’idée d’une page que l’on peut tourner.
Il n’est pas question d’oublier. Ni d’être soulagé du chagrin ou du manque.
Il est plutôt question je crois de « pouvoir déposer » « quelque chose »,  de se sentir un peu moins lourd, de trouver un peu de Paix. Ensuite, petit à petit, nous ré apprendrons à vivre sans Elle, sans Lui, sans jamais l’oublier.

 

Sur la page 'Lecture', je vous soumets quelques lectures que j’ai pu faire dans les domaines qui touchent à mon métier et qui, à vous aussi peut-être, pourront apporter un soutien dans cette épreuve.